24 août (44 milles)Partons vers Terceira sous un vent du nord soufflant à 20 nœuds. Journée de voile parfaite. Ancrage à 17 h dans la baie d’Angra do Heroismo, ville nouvellement restaurée de caractère seigneurial presque entièrement détruite par le tremblement de terre de 1980. Son intérêt historique et culturel lui mérite une place sur la liste du patrimoine historique mondial de l’UNESCO. Alain, qui est là depuis quatre jours, vient nous accueillir avec un apéritif du pays. Terminons la soirée en ville.25 aoûtAllons nous inscrire à la Guardia fiscal. Paulo, l’agent de service, est un grand amateur de la nature, spécialiste des oiseaux des Açores et bénévole à l'Association locale de protection de l’environnement. Voyant notre intérêt, il nous invite à le rejoindre plus tard au parc où il soigne un buse et un hibou blessés. Faisons avec lui une grande tournée du mont Brasil. Nous soupons ensemble au kiosque africain de la foire locale. Deux de ses amis passant par là (Victor et Vital) se joignent à nous. Prenons le dessert au kiosque des Philippines. Celui qui vient nous servir est un sympathique archéologue marin québécois en poste ici pour travailler sur l’épave d’un gallion d’époque trouvé dans le port. Il s’amuse à servir aux tables durant les festivités pour aider ses amis propriétaires du restaurant.26 aoûtAllons rejoindre Paulo à la ville voisine (São Mateus) en autobus. Prenons nos messages sur Internet, puis partons en visite avec Victor, son fils Simão et Paulo : cratère, caverne, fumerolles. Ramenons tout le monde au bateau pour le souper.27 aoûtVictor vient nous prendre à 11 h pour nous amener chez Vital, l’agriculteur bio du groupe. Amenons avec nous Manuel, un pêcheur du coin. Pendant que nous faisons le tour des maisons (une vieille de 400 ans) et des jardins, Manuel nous prépare un délicieux barracuda et une salade de conches. En après-midi, assistons à la collecte du miel produit par les abeilles de Victor. Ici, on calme les abeilles avec une fumée en brûlant des feuilles d’eucalyptus.Même les cochons sont bio ici. Vital leur fait cuire une énorme potée de légumes chaque jour. À les voir sauter dans l’auge, ils apprécient grandement le traitement aux petits oignons. Nous apprenons que les cochons sont d’excellent défricheurs. Ils retournent les pierres du sol et dévorent tout ce qu’ils trouvent. Après leur passage, ils reste à monter des murs avec les pierres. Revenons en fin de journée chargés de légumes. 28 aoûtCommençons la journée en travaillant sur le frigo qui semble fonctionner en continu depuis quelques temps : pas de fuite évidente, pas de blocage, mais baisse de pression. Nous rajoutons du gaz réfrigérant. Sur le coup, cela règle le problème. Nous verrons plus tard qu’il n’en est rien.Première journée totalement grise du voyage. Faisons un petit tour en ville mais rentrons vite, presque trempés. 29 aoûtPassons une partie de la journée à chercher la fuite du frigo et mettre à jour notre livre de bord. Michel nous harponne deux beaux poissons (balistes) pour le lunch. En fin d’après-midi, partons à la recherche d’un accès à l'Internet. L’endroit auquel on nous réfère n’existe plus. Soupons à la foire locale avec Paulo, Victor et sa charmante Isabelle. Une bouffe à la bonne franquette, où tout le monde pige dans le plat des autres. Rencontrons plus tard une jeune architecte, Patricia, chargée d’intégrer les projets d’urbanisation au patrimoine environnemental de la région.Assistons aussi à une corrida « à la corde » au parc voisin. Au Portugal, du moins aux Açores, les corridas se tiennent normalement dans la rue. Elles sont dites « à la corde » parce que la bête est attachée à une longue corde retenue par 6 à 8 personnes. Tout le monde peut s’improviser matador, mais il n’est pas question de tuer l’animal ni de le blesser. Il s’agit plutôt de narguer le taureau à ses risques et périls. À la foule de réagir pour s’enlever du chemin. Il y a au moins une corrida par jour sur l’île de Terceira. 30 aoûtPartons en autobus vers São Mateus pour y rejoindre Paulo qui nous offre encore une fois un accès à Internet depuis le bureau de l’association Gê-Questa. Au retour, notre Paulo plein de ressources nous trouve un réparateur de frigo. Le type arrive 15 ou 20 minutes plus tard sans équipement. Il n’avait pas compris que la réparation devait se faire sur place, au bateau. Nous l’amenons à bord en pneumatique. Le temps d’examiner un peu notre installation, il trouve l’endroit possible de la fuite, près de l’indicateur de pression. Il promet de revenir avec une pompe à air et du gaz. Nous apprendrons le lendemain que son séjour au bateau l’a indisposé au point de devoir s’étendre pour endormir le malaise. Il faut dire que les conditions météo rendent le mouillage particulièrement rouleur. Recevons Patricia à bord en soirée, puis l’accompagnons chez elle. Elle nous fait découvrir les merveilleux ananas de São Miguel.31 aoûtTony a vu juste; la fuite est bien à l’endroit qu’il soupçonnait. Il revient au bateau pour régler le sort du frigo. Michel a déjà improvisé une pompe à air et préparé le travail. Le reste se fait vite et bien. Le frigo fonctionne et la réserve est à nouveau remplie de gaz réfrigérant.Comme le bulletin météo de la RFI annonce du mauvais temps, nos amis du Triane partent vers l’autre grand port de l’île. Ne voulant pas quitter nos amis açoriens à la hâte, nous rentrons à l’abri dans le bassin sale et moche de la future marina. En après-midi, rendons visite à Érik qui nous décrit son travail à partir des artéfacts trouvés sur le site archéologique sous-marin d’Angra. Allons ensuite faire des courses en prévision du départ. 1er septembreDernière tentative pour l’Internet. Nous trouvons enfin l’endroit par excellence. L’accès est gratuit mais, manque de chance, le serveur ne répond pas. Nous essaierons à nouveau plus tard, sans succès, chez Érik. Délicieux repas au restaurant avec Paulo, Patricia et Érik. Choisissons un plat de poisson servi dans le creux d’une tuile d’argile. On s’étire tellement qu’on rate le concert auquel on se promettait d’aller. Rien de grave puisque nous n’avions pas réservé de places.2 septembre (8 milles)La météo ne nous encourage pas à partir vers l’île de São Miguel tout de suite. Recevons Érik et Patricia au bateau pour le lunch, puis passons saluer Paulo avant de partir vers Praia da Vittoria, où nous retrouvons Triane. En route, plusieurs dauphins et un requin.3 septembrePaulo vient passer une partie de l’après-midi avec nous. Tour de ville, dégustation de figues fraîches et des pommes locales qui font beaucoup penser à celles que nous appelons pommes grises chez nous. Comme toujours, Paulo nous sensibilise aux efforts déployés par leur association pour protéger l’environnement d’une modernisation sauvage. Ici, à Praia, ils ont combattu sans succès l’élimination d’un marécage qui servait, entre autres, d’aire de nidification aux oiseaux. |
mardi 24 août 1999
Terceira
vendredi 20 août 1999
Graciosa
mercredi 18 août 1999
São Jorge
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Heureusement que nous avons modifié nos plans, car la ville de Velas est très chouette. Ici, pas besoin de s’ancrer. Il suffit de s’accrocher à une bouée. Arrivés à 19 h, nous remettons les formalités au lendemain. Michel ajuste l’antenne VHF à 85,5 cm pour tenter d’améliorer la transmission. 18 aoûtCroisons à terre le gentil couple qui nous a rendu visite à Pico. Nous passons une bonne partie de la journée à la toute nouvelle bibliothèque municipale qui offre gratuitement un accès à Internet. Pas moyen d’envoyer de photos, ici non plus. Soupons à bord du Triane, venant de Guadeloupe. Claude et Agnès ont tout quitté pour vivre quelques années sur la mer avec leurs enfants Tristan et Ariane. Nous les recroiserons sans doute, car il feront le même parcours que nous avant de passer au Pacifique.19 aoûtEncore un coup d’Internet, puis randonnée épuisante vers le sommet de l’île, que nous n’atteindrons jamais. L’île est beaucoup plus large que nous le pensions. La succession de collines n’en finit plus et on a du mal à trouver des coins d’ombre. Cassons la croûte au haut d’un clocher d’église. Nous nous amusons à observer un groupe d’hommes en grande discussion sur la façon de s’y prendre pour refaire la couverture de tuiles d’une maison.20 aoûtUn dernier tour en ville avant de quitter pour Graciosa. Achetons à bon prix un fusil de pêche sous-marine et croisons le propriétaire du bateau Archangel que Michel a rencontré aux Canaries il y a 9 ans. | |||||
mardi 10 août 1999
Faïal
vendredi 6 août 1999
Flores
jeudi 5 août 1999
AÇORES
Découvert au début du 15e siècle, l’archipel des Açores se situe en plein océan Atlantique, à 760 milles marins du Portugal. Il est composé de trois groupes d’îles d’origine volcanique : un groupe occidental (Flores et Corvo), un groupe central (Faïal, Pico, São Jorge, Graciosa et Terceira) et un groupe oriental (São Miguel et Santa Maria). Les premières îles ont été colonisées vers 1439.
Chaque île a ses particularités, mais toutes ont des côtes profondément découpées, des montagnes et des vallées tranquilles couvertes d’une végétation luxuriante, des champs soigneusement cultivés, des lacs nichés dans des cratères de volcans éteints, des fumerolles, des pics imposants, des grottes mystérieuses et des traditions bien enracinées. Leurs maisons curieusement construites, leurs murets de pierres divisant les terres, leurs moulins d’origine flamande, leurs églises et leurs œuvres d’art témoignent d’un riche passé historique. La population est à l’image du climat océanique et doux de l’Archipel.
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