samedi 13 novembre 1999

Graciosa

 

Graciosa, un havre de paix

13 au 18 novembre

On se croirait dans un décor de film. La petite ville d'environ 700 habitants se résume à une séries de petites maisons carrées, blanchies à la chaux, plantées dans un désert de sable. Quel contraste avec Madère. Le petit port, bien protégé de la mer, a des eaux claires et poissonneuses. Pour la ville, c’est le choc : une oasis de quelques centaines de maisons en bordure du port et rien d’autre. 

 
 

L’île est un désert de sable blond avec plein de plages, quelques volcans, le tout bordé par les falaises de Lanzarote. Finies les maisons portugaises avec toitures de tuiles orangées, ici elles sont à leur plus simple expression : des cubes blanchis à la chaux sans toiture apparente. Pas de trottoirs ni de chaussées, que du sable. Il ne manque que les saloons et la musique pour faire western…
Le mouillage se fait entre le quai flottant et des blocs de ciment immergés. Les bateaux sont donc attachés par l’avant et l’arrière, et nul besoin d’annexe. Comme il fait plutôt frais et venteux, nous troquerons notre crème glacée habituelle pour les pâtisseries locales. Nos voisins de bâbord sur Galyfreae sont australiens. Comme ils ont fait plus de 20 000 km l’an dernier à bord de leur 28 pieds, St-Jean et Elspeth aspirent à une navigation plus calme cette année. Ils prévoient être ici jusqu’à Noël. En face, Peter, sur Dale Moon, un jeune Anglais chaleureux qui navigue en solitaire depuis que sa douce l’a quitté. À tribord, un couple de Français sur un Ovni 43 nommé Mustang. Dan et Brigitte sont en sabbatique sur leur magnifique bateau d’alu. Plus loin, Jacques, constructeur amateur qui navigue un an sur deux à bord de son Azazela.
Seule ombre au tableau, nos communications radio ne passent pas et, pour une rare fois, il n’y a pas d’accès à l’Internet. C’est par l’intermédiaire de notre ami Michel, maintenant au Cap-Vert, que nous réussirons à donner des nouvelles à Montréal. De Michel, un message à Pierre F5RIH (France) qui demande à André VA2AF (Montréal) d’envoyer une message à Mireille CÔTÉ (Québec) pour qu’elle rassure notre fan club.
Le vent fort qui s’engouffre entre Graciosa et Lanzarote nous force à patienter dans ce charmant petit désert où le temps passe entre les pâtisseries bouffées chez Dale Moon, la mousse au chocolat sur La forêt d’eau, l’hydromel chez Galyfreae, l’apéro chez Mustang et le café chez Azazela. Quelques grandes promenades aussi… pour faire descendre tout ça.

 
  

19 novembre (27 milles)

C’est le cœur gros que nous quittons nos nouveaux amis qui sont tous sur le quai pour nous voir partir. Le départ vers Puerto Naos se fait au moteur avec 15 nœuds de vent nord-est dans le nez le temps de parcourir les deux milles de chenal entre Lanzarote et Graciosa. Les 25 autres se font au portant avec grand génois tangonné* et deux ris* dans la grand voile.
Le grand génois est notre voile de beau temps. Elle couvre 180 % du triangle avant.
Le ris fait référence à un système de réduction de la surface de voile exposée au vent. À trois ris, la grand voile est à son plus petit

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