26 décembre
Au matin, on aperçoit des bateaux amis : Triane, Plein Sud et Mustang. On apprendra qu’ils ont eux aussi failli foncer sur l’île et qu’ils ont tous rempli leur cockpit au moins une fois malgré leur tonnage beaucoup plus imposant que le nôtre. On comprendra aussi que le phare principal de l’île, situé à l’aéroport, ne fonctionne qu’à l’arrivée des vols internationaux. Pas d’avion, pas de phare. L’atterrissage de nuit est donc nettement à déconseiller. Et le feu sur lequel nous nous guidions n’en était pas un. Y aurait-il encore des pirates pour attirer les bateaux vers les cailloux?

27 décembre
On traîne au bateau toute la journée. Il y a au moins une trentaine de voiliers étrangers au mouillage, ce qui est plutôt surprenant. Le décor est totalement différent de ce qu’on a vu jusqu’à maintenant : peu de relief, beaucoup de palmiers, paysage ambré chargé de poussière de sable dans lequel se fond la petite ville de Palmeira. On s’amuse à observer le travail très animé des pêcheurs locaux qui viennent jeter leur filet ici et là au cœur même de la zone d’ancrage. Un fascinant travail d’équipe qui se fait au rythme des directives criées par l’un et l’autre en créole portugais.

28 décembre
Journée de grand vent qui nous garde encore au bateau. On en profite pour mettre au point une antenne dipôle qui nous assurera une bonne communication avec Montréal.
Le groupe de Plein Sud (Patrick, Claude, Mathieu et leurs invités) vient prendre le dessert.
29 décembre
Partons vers l’aéroport en taxi brousse avec Bruno (Sacrebleu), arrivé hier soir des Canaries. Réglons les formalités, passons prendre un bulletin météo au centre de météorologie, puis retrouvons Alain et Josette (Krapulax) à la ville principale, Espargos.

En après-midi, expédition vers la ville touristique de l’île, Santa Maria, où il y aurait un café Internet. Une destination voyage des plus dépouillées. Quelques hôtels ayant connu de meilleurs jours et un dédale de petites unités plantées dans le sable au cœur de la plage.

On traîne plusieurs heures en attendant l’ouverture du café qui finalement n’ouvrira pas. Retour au bateau, d’abord à pied, puis à bord d’un taxi brousse. Cette fois, nous sommes tous les trois assis à l’extérieur, au vent. Un des trois passagers parle français. Originaire de Guinée-Bissau, il travaille depuis peu au Cap-Vert, loin de la guerre.
De retour à Palmeira, Bruno nous fait découvrir l’élevage local de porcs et nous explique que le traitement de l’eau se fait par distillation sous vide.


30 décembre
L’île de Sal, en particulier Palmeira, est d’une grande pauvreté et d’une rusticité désarmante. Les gens y sont certes charmants, mais nous avons beaucoup de mal à nous sentir à l’aise parmi eux. Le contraste est trop saisissant. L’appel du large refait donc surface.
Comme Herb prévoit une bonne fenêtre météo, nous nous lançons dans les préparatifs du départ : plein d’eau et de diesel, inspection du gréement, ajout de protections aux voiles pour en retarder l’usure, nettoyage de la coque, préparation de bouffe, etc.
Nous partons demain vers La Barbade. |
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